L’insertion, c’est l’ensemble des actions qui aident une personne éloignée de l’emploi à retrouver une place dans la société et dans le monde du travail. Elle combine un emploi, un accompagnement personnalisé et, souvent, une formation. À Chambéry, L’Hélice en fait son métier depuis 2018, avec une conviction : il y a toujours une solution pour l’insertion.
Insertion sociale et insertion professionnelle : quelle différence ?
On parle d’insertion sociale quand l’objectif est de retrouver une vie stable : un logement, des droits ouverts, une santé suivie, des liens avec les autres. On parle d’insertion professionnelle quand l’objectif est l’accès à un emploi durable ou à une formation qualifiante.
Dans la réalité, les deux vont ensemble. Difficile de tenir un poste quand on n’a pas de logement stable ou pas de moyen de transport. C’est pourquoi un bon parcours d’insertion travaille sur tous les freins à la fois, et pas seulement sur le CV.
Qui est concerné par l’insertion ?
L’insertion s’adresse aux personnes sans emploi qui rencontrent des difficultés sociales et professionnelles, notamment :
- les demandeurs d’emploi de longue durée ;
- les bénéficiaires de minima sociaux, comme le RSA ;
- les jeunes de moins de 26 ans en grande difficulté ;
- les travailleurs reconnus handicapés ;
- plus largement, toute personne pour qui le retour à l’emploi « classique » est bloqué par sa situation : âge, absence de diplôme, mobilité, langue, santé, période de vie difficile.
L’insertion par l’activité économique (IAE) : travailler pour se reconstruire
En France, une grande partie de l’insertion passe par l’insertion par l’activité économique (IAE). Le principe est simple : la personne est salariée, elle travaille réellement, et elle est accompagnée en même temps pour lever ses difficultés et construire son projet.
L’IAE repose sur des structures conventionnées par l’État, les SIAE :
- Les ateliers et chantiers d’insertion (ACI) : ils embauchent directement des personnes très éloignées de l’emploi sur des activités collectives (rénovation, espaces verts, nettoyage…). C’est le cas de L’Hélice.
- Les entreprises d’insertion (EI) : des entreprises qui produisent des biens ou des services sur le marché, avec des salariés en parcours d’insertion.
- Les associations intermédiaires (AI) : elles mettent des salariés à disposition de particuliers, d’entreprises ou de collectivités.
- Les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) : de l’intérim, avec un accompagnement en plus.
Selon la Dares, on comptait 4 510 structures de l’IAE fin 2023, qui employaient environ 142 500 salariés en insertion. Les ateliers et chantiers d’insertion en accueillent à eux seuls près de la moitié.
Comment fonctionne un parcours d’insertion ?
Dans un atelier chantier d’insertion, la personne signe un CDD d’insertion (CDDI). C’est un vrai contrat de travail :
- il dure au moins 4 mois et peut être renouvelé, dans la limite de 24 mois au total (sauf dérogations) ;
- il prévoit en principe au moins 20 heures par semaine, avec la possibilité de prévoir moins quand les difficultés de la personne le justifient ;
- il est rémunéré au moins au Smic horaire.
Le parcours suit généralement quatre étapes :
- L’orientation : un conseiller (France Travail, Mission locale, Cap Emploi, référent RSA, travailleur social) oriente la personne vers une structure.
- L’accueil : un entretien pour faire le point sur la situation, les envies et les freins.
- Le travail et l’accompagnement : des heures de travail encadrées par un professionnel, et des rendez-vous réguliers pour avancer sur le logement, la mobilité, les droits, la formation et le projet professionnel.
- La sortie : vers un emploi, une formation qualifiante ou une autre étape adaptée.
Comment entrer dans un parcours d’insertion ?
Le plus simple est d’en parler à la personne qui vous suit déjà : votre conseiller France Travail, la Mission locale si vous avez moins de 26 ans, Cap Emploi si vous avez une reconnaissance de handicap, ou votre référent RSA. Ils peuvent vous orienter vers une structure d’insertion.
La plateforme nationale « Les emplois de l’inclusion » recense aussi les structures et leurs offres, et permet de suivre ses candidatures.
Vous ne savez pas par où commencer ? Vous pouvez aussi contacter directement une structure : elle vous expliquera la marche à suivre.
Vous êtes conseiller, référent RSA ou travailleur social ? Découvrez comment orienter une personne vers L’Hélice : fiche de prescription, rendez-vous à trois et suivi à chaque étape.
L’insertion à Chambéry : l’exemple de L’Hélice

L’Hélice est une association créée à Chambéry en 2018. Elle est atelier et chantier d’insertion conventionné par l’État depuis 2020, organisme de formation depuis 2021 et certifiée Qualiopi depuis 2024.
Concrètement, les salariés en insertion travaillent sur de vrais chantiers de peinture, de nettoyage et de débarras, encadrés par un professionnel. En parallèle, ils sont accompagnés pour construire leur projet et préparer la suite.
Pour les bénéficiaires du RSA, L’Hélice porte aussi l’action L’Emploi d’Abord : 10 heures d’accompagnement par semaine (projet professionnel, confiance, mobilité, logement, accès aux droits, rencontres avec des entreprises) et des heures de travail en atelier chantier d’insertion, avec L’Hélice comme référent unique.
Le parcours de Valentin montre ce que l’insertion peut produire : ancien salarié en insertion à L’Hélice, il y est aujourd’hui encadrant technique et chef d’équipe. Comme il le résume : « L’insertion m’a permis de construire mon projet professionnel, mais aussi de progresser sur le plan personnel. »
L’insertion selon votre situation
Vous êtes bénéficiaire du RSA à Chambéry ou Aix-les-Bains ? Choisissez la situation qui vous ressemble pour découvrir ce que l’action L’Emploi d’Abord peut faire pour vous :
- Vous avez plus de 50 ans
- Vous élevez seul·e vos enfants
- Vous n’avez pas de diplôme
- Votre santé vous oblige à changer de métier
- Le français écrit vous bloque
- Vous sortez d’une période difficile
- Vous étiez indépendant
- Vous approchez de la retraite
- Vous n’avez pas de permis ou de voiture
- Vous avez déjà essayé d’autres dispositifs
Vous êtes conseiller, référent RSA ou travailleur social ? Voici comment orienter une personne vers L’Emploi d’Abord.
Entreprises, collectivités, particuliers : vous pouvez aussi agir
L’insertion ne se fait pas seulement dans les bureaux des conseillers. Elle se fait sur les chantiers. Chaque fois qu’un particulier, un syndic, un bailleur ou une entreprise confie des travaux à une structure d’insertion, il crée des heures de travail et de formation pour des personnes en parcours.
- Particuliers : faire repeindre un appartement ou vider une maison, c’est aussi soutenir l’emploi local. Demandez un devis.
- Entreprises : vos achats de travaux peuvent devenir un levier RSE. Voir nos solutions pour les entreprises.
- Collectivités et acheteurs publics : une SIAE peut vous aider à réaliser les heures d’insertion de vos marchés. En savoir plus sur la clause sociale.
Questions fréquentes sur l’insertion
L’insertion, est-ce un vrai travail ?
Oui. Dans une structure d’insertion par l’activité économique, la personne signe un contrat de travail, le CDD d’insertion, rémunéré au moins au Smic.
Combien de temps dure un parcours d’insertion ?
Un CDD d’insertion dure au moins 4 mois. Il peut être renouvelé dans la limite de 24 mois au total, sauf dérogations.
Faut-il un diplôme pour entrer en insertion ?
Non. L’insertion s’adresse justement aux personnes que l’absence de diplôme, d’expérience ou d’autres difficultés éloigne de l’emploi.
Comment être orienté vers L’Hélice ?
Parlez-en à votre conseiller ou à votre référent RSA, ou appelez directement L’Hélice au 04 79 79 97 08. L’équipe vous explique la marche à suivre.
Vous cherchez une solution pour vous ou pour une personne que vous accompagnez ? Contactez L’Hélice ou découvrez l’action L’Emploi d’Abord. Toujours une solution pour l’insertion.
Sources : Dares Focus n° 49, octobre 2025 ; fiche CDD d’insertion, justice.fr ; article L5132-15-1 du Code du travail ; France Travail, ateliers et chantiers d’insertion.


